Il n’est jamais trop tard pour écrire un test sur un appareil photo sorti il y’a plus d’un an et demi. Et je dirai même que c’est de temps en temps mieux comme ça, je peux maintenant vous partager une véritable expérience utilisateur. Annoncé le 12 Septembre 2012, le Sony Alpha A99 était très attendu. Il a remplacé les fameux Sony Alpha 850/900, premiers reflex numériques plein format de la marque orange. A l’heure où j’écris cet article l’Alpha A99 n’a pas encore de petit frère, mais plutôt des cousins, les fameux Sony A7, A7r et bientôt A7s. Alors, que vaut ce fameux plein format à la technologie SLT?

Avis subjectif d’un utilisateur

Je voudrais d’abord souligner que ce n’est pas un test classique que l’on peut trouver sur d’autres sites. Pas de comparaison approfondie avec les autres appareils, pas de test de la sensibilité à tout-va, et pas de note finale attribuée à l’appareil. J’ai uniquement à vous proposer ici une véritable expérience utilisateur, avec des images photographiées en situation réelle, c’est-à-dire réalisées dans le cadre de mon métier de photographe professionnel. Donc si vous recherchez un test complet classique, vous pouvez fouiner les magazines, sites web et blogs du monde entier, il y’en a des milliers. Mais je pense que vous pourrez quand même trouver quelques infos intéressantes dans cet article, l’avis d’un homme de terrain peut être assez différente (et complémentaire) de celui d’un testeur de matériel.

Ergonomie du boitier

J’adore mon Sony A99, il est l’un de mes principaux boîtiers dans toutes mes prestations. Mais attention, il n’est pas dénué de défauts, ça je le reconnais. Pour certains ces petits désagréments peuvent être décisifs dans l’achat d’un appareil, pour moi non. Découvert lors du Salon de la Photo en 2012, je me suis empressé de l’acquérir. La technologie SLT était déjà apparue, notamment avec le Sony A77, et j’avais très hâte de tester cela avec un plein format. Commençons par le début. A l’ouverture du paquet, je suis particulièrement surpris par la légèreté du boitier, à tel point qu’on croirait que Sony a oublié d’ajouter des composants à l’intérieur. Mais bon, il suffit de lui adjoindre un objectif et on revient à un poids classique de reflex plein format. Comme je suis un fan de l’ergonomie des boîtiers de Sony, je me suis de suite senti à la maison avec l’alpha A99. La poignée est profonde et la forme épouse parfaitement la position des doigts. A ce jour, seule la série pro des reflex de Canon (1D) est meilleure à ce niveau (bon dieu qu’est-ce que ça tient bien en main).

La trappe pour accéder aux 2 slots de carte mémoire (double SD ou combo SD/Memory Stick) est placée au niveau de la paume de la main. Tous les boutons raccourcis sont présents, l’écran de rappel fait également place et peut être illuminé par un simple bouton. Bien entendu on retrouve la double molette de réglage diaphragme/vitesse, la croix directionnelle de sélection, quelques boutons personnalisables, et surtout son superbe écran rotatif. Le viseur est électronique, un capteur de présence permet de l’activer/désactiver lorsqu’on approche et éloigne son œil de celui-ci. Ayant environ 2,4 millions de pixels, le viseur offre un excellent confort. Le rafraîchissement est instantané, il n’y a aucun lag. Mais je reviendrai dessus plus loin, quelque chose est à souligner. Les différentes connectiques offertes par l’Alpha 99 sont les ports micro et casque, mini HDMI et mini USB, le port alim, la synchro flash et le port télécommande. La fonction GPS est également disponible, personnellement je ne l’ai jamais utilisé. Sur la façade de l’appareil on trouve généralement un bouton à plusieurs positions pour régler le mode de mise au point, ici c’est une molette silencieuse personnalisable qui prend place. Et à côté du logo de Sony se trouve un bouton nommé « C », encore un autre bouton personnalisable. La liste de fonctions est encore très longue, donc je ne m’attarderai pas plus que ça 🙂

Fonctionnalités majeures et audio

Viser avec un écran, vous devez sûrement connaître? On fait ça avec notre smartphone ou compact numérique. Mais quand il s’agît de remplacer le viseur optique à travers l’œilleton par un mini-écran, ça change tout. Le reflex à pentaprisme est devenu le grand classique et indémodable dans notre cher monde de la photo, mais Sony a osé bousculer les habitudes en changeant l’un des éléments les plus chers des photographes, et il a quelque peu divisé les avis. Moi je dit que c’est très bien d’avoir fait ce pas en avant, enfin quelqu’un qui ose se mouiller et innover. Au début j’étais plutôt retissant des viseurs électroniques, mais lorsque j’ai posé mon œil dans celui du Sony Nex-7, un nouveau monde est comme soudain apparu. Wouaouh, c’était incroyable. La netteté, l’exposition en direct et la taille du viseur sont de vrais avantages.

Pour les reflex SLT, le miroir de la chambre a été remplacée par un modèle similaire mais semi-transparent, renvoyant une partie de la lumière vers le capteur auto-focus et l’autre vers le capteur. Si vous vous baladez sur les forums et autres sites web photo, vous trouverez des tonnes de sujets sur la perte de lumière générée par le miroir semi-transparent, provocant plus de bruit numérique sur les images. S’il vous-plaît, qu’on arrête de parler de choses aussi insignifiantes que ça, la bataille des hautes sensibilités a été gagnée depuis des lustres, personne, je dit bien personne ne regarde une image à la loupe pour vérifier si du bruit numérique est présent. Et de toute façon, les ISO 3200 et 6400 sont tellement peu utilisés que ce sujet à polémique est juste du vent. Je ne comprends toujours pas pourquoi ça a fait couler autant d’encre, il bien d’autres priorités qu’il faudrait souligner plutôt que ce détail de pacotille.

Parlons de la griffe flash. Sony a finalement décidé de ne plus utiliser celui de Minolta mais la version la plus courante, avec toutefois une légère modification. Tout au fond de celui-ci se trouvent des joints électroniques permettant de connecter des accessoires. Appelé griffe à interface multiple, il est possible à ce jour d’utiliser la lampe led du flash HVL F60AM ou le kit audio XLR-K1M. J’imagine bien qu’à l’avenir Sony sortira divers accessoires qui pourront décupler les possibilités techniques de tous ses appareils, car cette griffe commence à envahir tous ses modèles (de l’entrée jusqu’au haut de gamme). Si vous faites de la prise vidéo, les ports micro et casque sont présents. tout le monde le sait le micro intégré des reflex numérique est, disons, horrible (quelque soit le modèle). Pour un minimum de qualité, un micro externe est obligatoire. Mais malheureusement ce ne sont pas tous les appareils qui possèdent un port micro. De plus l’AGC (Audio Gain Control) ne peut pas se désactiver sur beaucoup d’entre eux, seuls les modèles haut de gamme ont un minimum de contrôle.

Le Sony Alpha A99 possède un menu de réglage du gain audio qui est plutôt précis. Mais personnellement je préfère utiliser un système externe comme le Zoom H6 ou le kit de Sony. Avec ces 2 outils vous pouvez utiliser tous vos micros professionnels à connectique XLR, et mixer plusieurs micros à la fois. Imaginez par exemple enregistrer le dialogue de 2 personnes via des micros cravates sans fil, il sera possible de le faire avec ces outils et non avec le seul port micro. Le mode vidéo est d’ailleurs excellent puisque tout est réglable (tout manuel). Le seul hic est je dirai le manque d’enregistrement décompressé via le port HDMI. C’est là que le prochain Sony A7s prendra la relève et pourra fournir de la vidéo en 4K avec une qualité 4.2.2 via son port HDMI. Mais ce qu’offre l’alpha 99 est déjà pas mal, pour le moment je m’en contente parfaitement, mais j’avoue que l’appel du 4K décompressé m’attire beaucoup.

Points forts et points faibles

Voici en vrac ce que j’aime et n’aime pas de mon Sony Alpha A99:

Ce que j’aime du Sony Alpha A99: 

-Son viseur électronique clair, précis et très vif, sans lag.

-La qualité des fichiers RAW, et leur faible poids (ça mange moins d’espace disque)

-Son écran rotatif, parfait pour les prises de vue à ras le sol sans avoir besoin de s’allonger, ou tout en hauteur. On peut même le tourner dans le sens de l’objectif pour prendre quelques selfies.

-Le focus peaking, très précis chez Sony.

-Le mode vidéo très complet (ports micro et casque, molettes silencieuses, double cartes pour la sauvegarde de données, focus peaking en mise au point manuel, écran rotatif pour la prise de vue dans des angles difficiles, modes tout manuel, griffe à interface multiple pour accessoires audio)

-L’autofocus est très rapide et précis, merci à la technologie SLT.

-Quel appareil silencieux, mais un vrai silence, pas comme les modes silencieux des reflex classiques de chez Nikon ou Canon, une vraie bêtise chez eux.

Ce que je n’aime pas du Sony Alpha A99:

-Il arrive que le viseur mette du temps à s’activer quand on approche notre oeil, du coup l’écran s’éteint mais le viseur électronique est toujours noir. Si on est dans un moment de hâte ça peut être assez embêtant.

-J’aurais aimé le buffer un peu plus grand. Les 5 images/s sont très bien pour moi, mais même avec des cartes SD rapides le buffer se remplit rapidement et prend du temps à se décharger.

-Il met du temps à s’allumer et s’éteindre. Mon Nikon D800 est instantané, lui est une vraie tortue. mais bon, n’est-ce pas la tortue qui gagne au final? Non j’avoue ça peut être assez agaçant.

-Pas de mode vidéo décompressé via le port HDMI. Maintenant que je me suis lancé dans la vidéo, ces détails sont importants.

-Il y’a du lag quand j’utilise le système sans fil des flashs. Pourtant avec mon ancien Alpha 850 il n’y avait aucun problème.

-La lenteur paraît être un syndrome chez le Sony A99. Appuyer sur le bouton menu peut prendre un certain temps à s’activer. C’est juste bizarre.

-C’est vrai, le viseur électronique n’est pas le meilleur en faible luminosité, c’est pourquoi je switche avec mon Nikon D800 dans ce cas.

Conclusion (presque) finale

Pour être équitable j’ai donné 7 points positifs et négatifs du Sony Alpha A99. Personnellement je me suis habitué à son fonctionnement donc les points négatifs ne me dérangent plus. Et vous l’aurez compris, j’adore mon Sony Alpha A99. J’apprends encore à le connaître pour être encore plus confortable dans mes reportages. Est-ce qu’il me rendra meilleur photographe? Je ne pense pas, aucun appareil ne peut. Même si tout est devenu automatique, que je connais parfaitement l’emplacement des boutons et des molettes, l’essence de la photographie réside ailleurs. Quand on pense que les plus belles photos de l’histoire ont été réalisées bien avant l’ère du numérique, des hautes sensibilités monstrueuses et des rafales de course, ça prouve bien à quel point la technologie ne fait que donner un confort de prise de vue, mais rien de plus que ça, rien de plus.

Je n’ai pas parlé de qualité d’image et de sensibilité ISO car comme je l’ai dit plus haut c’est un combat qui a été gagné depuis belle lurette. N’importe quel reflex numérique, APS-C ou plein format délivre aujourd’hui une excellente qualité d’image, n’importe lequel. Pour ce qui est du bruit numérique, le peu de différence qu’il y’a d’un appareil à l’autre (excepté pour les modèles pros) ne justifie pas d’en parler. Quand on photographie en format RAW, la post-production est automatiquement intégrée dans notre workflow, donc s’il y’a du bruit numérique à corriger, ça se fait en une micro-seconde, et personne ne verra la différence. Il m’arrive même d’ajouter délibérément du bruit via logiciel pour créer une atmosphère spécifique. De plus les appareils modernes produisent plus du bruit de luminance que du bruit de chrominance, et c’est celui qui ressemble le plus à ce qu’on appelle en argentique le grain de la photo. Pourquoi supprimer un élément esthétique?

Et voilà, mon avis est posé, j’aurai encore des choses à dire mais ce ne sont que des détails inintéressants. Pour terminer je vous propose quelques photos réalisées dans le cadre de mon travail de photographe portraitiste. Toutes les images ont été retouchées, ce sont les versions finales que je livre à mes clients 🙂

3 Réponses

  1. Gvar

    L’Alpha 99 semble être un échec commercial et c’était assez prévisible. D’une part, l’innovation c’est toujours risqué, ça passe ou ça casse et c’est pour cela que j’admire Sony, ils ont souvent été des précurseurs dans plusieurs branches. D’autre part, le public visé n’est pas le même que pour l’a77 par ex. L’a99 s’adresse aux pros, et les pro ont souvent de nombreuses années de pratique derrière eux. Ils ont leurs petites habitudes profondément ancrées en eux et sont souvent très réfractaires au changement alors que le novice ou l’amateur expert sont plus ouverts à l’innovation.

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  2. christac

    merci pour ce très bel article.
    je viens d’acheter ce boitier que je vais reçevoir sous peu.
    je vais le coupler avec un minolta 50 1.7, un sigma 105 2.8 macro et un sigma 70-200 2.8
    pour moi le changeent va être flagrant car je viens d’un fz1000.
    je cherchai un FF avec viseur oled, tropicalisé, écran sur rotule qui monte bien en iso.
    je pensais que çà n’existait pas encore. je vais être gaté.

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    • esquissewei

      Alors là oui, passer d’un FZ1000 à l’alpha 99 il y’a un fossé intersidéral en matière de qualité d’image. Bonne utilisation 😀

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