Nikon F100

J’ai acquis aujourd’hui même le Nikon F100, appareil reflex très célèbre de la marque rouge. Robuste comme un tank et très avancé d’un point de vue technologique (pour son époque bien sûr), il est aujourd’hui encore très convoité par les amateurs de photographie argentique. A l’époque de sa sortie le Nikon F100 se vendait au prix d’un réflex numérique haut de gamme comme le Nikon D300s ou le Canon 7D, dans les 1500€. Maintenant que les choses ont changé, on peut le trouver pour 3 fois rien. J’ai acheté le mien à un amateur pour 120€. Et d’après les premiers tests, il fonctionne encore à merveille.

J’ai eus envie de retourner à la pratique photographique des pellicules 24 ou 36 poses, de la chimie et de la lumière inactinique pour retrouver des sensations qui se sont perdues avec l’avènement du numérique. Tout d’abord je tiens à dire que j’adore la photographie telle qu’on la pratique aujourd’hui. Elle m’apporte que de bonnes choses et m’a permis d’évoluer rapidement, grâce en quelque sorte à sa facilité d’accès et ses possibilités illimitées. Mais d’un autre point de vue son accès instantané a quelque peu vulgarisé et banalisé l’image. A l’heure de Facebook et d’internet, des smartphones et de la 3/4G, les images se diffusent à une vitesse grand V, du coup la perception de l’image et sa considération en ont été particulièrement affectées. Je me rappelle toujours une fois, lorsque j’ai donné une photo de mariage à la mariée qui m’avais engagé en guise de teaser, elle l’avait diffusé de suite sur sa page facebook, et lorsqu’une invitée voulait en voir d’autres, on lui a dit qu’il fallait attendre un peu. De suite l’invitée a répondu « mais c’est trop long ». Il ne s’était passé qu’environ 10 jours après le mariage.

Avec plus de 8 ans de pratique photographique, j’ai appris une chose essentielle: Si tu veux atteindre ton but le plus rapidement possible, ralentis le rythme. Prends ton temps pour choisir ton cadrage, lire la lumière ambiante, faire poser, interagir etc… Comme beaucoup d’entre nous, j’ai durant un temps beaucoup mitraillé en espérant qu’une bonne photo sorte du lot. Avec le numérique c’est très facile, il suffit de mettre F20 et le mode rafale, puis de shooter les yeux fermés, à coup sûr il y’aura quelques bonnes photos. Dans ce cas autant laisser un enfant de 5 ans faire les photos de votre mariage, vos photos de famille ou vos reportages, cela revient au même non? Bref, tout ça pour dire que le retour à l’argentique va m’apporter plusieurs choses: le challenge de faire un nombre limité de photos, c’est-à-dire selon la pellicule utilisée, 12, 24 ou 36 poses. Un nombre limité va me forcer à mieux choisir ma lumière, mon cadrage et mon arrière-plan. Il faudra être très précis sur toutes les décisions, pas de place au gâchis de pose, pas de possibilité de voir l’image sur un écran LCD au dos du reflex. Pour la photo de portrait l’utilisation du bon vieux flashmètre sera essentiel pour bien caler les réglages et correctement exposer le visage. Et que du mode manuel, diaphragme, vitesse d’obturation, euhh, je crois que c’est tout. L’ISO est celle de la pellicule, donc fixe, il n’y a pas de balance des blancs à gérer (sauf si l’environnement est très complexe, des filtres seront utiles). Par contre si il y’a du flash c’est une autre histoire. Avec aussi peu de photos (en admettant que j’ai qu’une seule pellicule), tous les détails comptent. Fini les modes auto ou semi-auto, fini les prises de vue test et autres expérimentations informelles et hasardeuses. Voilà le challenge.

Je développerai moi-même mes pellicules avec les chimies (révélateur, bain d’arrêt, fixateur, agent mouillant) et numériserai les images. Tout ce procédé, qui peut prendre plusieurs heures, pourrait se faire en 10 minutes en numérique. On dit souvent que le temps c’est de l’argent, mais peut être pas pour cette fois-ci 🙂

Nikon F100 Nikon F100

Une réponse

  1. Lionel

    Eh bien, voilà une bien belle décision que vous avez pris il y a maintenant 3 ans ! J’espère que la commodité que l’on ne trouve qu’en numérique ne vous à pas dégoûté de l’argentique. En ce qui me concerne, c’est bien là ou est le charme, cette fois ci, on parle vraiment de faire de la photo.
    Vous avez raison, le numérique a banalisé l’image jusqu’à lui retirer sa valeur…les gens ne consomme plus l’image comme avant, aujourd’hui c’est le mitraillage et le partage sur Facebook… on ne prends même plus le temps d’observer ! Bref, c’est ce que je reproche au numérique : son industrialisation extrême de l’image, la possibilité de faire tout en post traitement. Ce n’est plus de la photo à ce titre là, mais du graphisme. C’est bien ce qui a tué le métier d’artisan photographe.
    Alors qu’en argentique, on choisit sa pellicule, on réfléchit le cadre et ses réglages, sa lumière et j’en passe !
    Fort de ce raisonnement j’ai fait comme vous, j’ai deux reflex argentique Nikon (Le F5 et le F100, compatible avec tout les objectifs que j’ai pour mon D700. Je fais des photos que je n’aurais jamais fait en numérique.

    Toujours, je vous encourage à travailler l’argentique, de magnifiques boîtiers sont plus qu’abordables et techniquement très aboutie. Mon D700 est déjà dépassé alors que mes argentique non.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

*
= 5 + 2