En photographie il y’a 3 réglages essentiels à la prise de vue d’une image: l’ouverture de diaphragme, la vitesse d’obturation et la sensibilité ISO. Nous allons voir dans cet article le 1er d’entre eux.

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1/ Ouverture, chiffres et quantité de lumière

L’ouverture de diaphragme ce sont des lamelles de forme circulaire (ou presque) se trouvant dans votre objectif et qui s’ouvrent et se ferment pour laisser passer une certaine quantité de lumière. Son rôle est donc très important car en fonction de la lumière ambiante (plein soleil, nuageux, intérieur, tombée de la nuit etc…) vous pouvez être amené à ouvrir ou fermer le diaphragme. Si par exemple je suis à la maison et que je souhaite photographier mon intérieur ou un ami venu me rendre visite, je peux être amené à ouvrir le diaphragme pour laisser passer un maximum de lumière car il peut faire sombre. Inversement, si je suis en extérieur et qu’il fait super beau, je peux éventuellement fermer un peu plus le diaphragme pour diminuer la quantité de lumière entrant dans l’objectif, afin de ne pas rendre mon image trop claire (et trop sombre dans le premier contexte). Mais nous allons voir que ce n’est pas si simple que ça, et que l’ouverture influe si grandement sur l’image finale que le choix d’ouverture ou de fermeture sera décidée par plusieurs facteurs et pas seulement avec la lumière disponible.

Ouverture de Diaphragme

Ci-dessus vous pouvez voir que le diaphragme peut s’ouvrir et se fermer graduellement. Cet objectif là possède 6 crans d’ouverture, d’autres peuvent en avoir plus.

comparaison-diaphragme

Sur les appareils photo numériques, vous pouvez identifier l’ouverture sur votre écran lorsque la lettre F précède le chiffre ou nombre. Certains objectifs possèdent également une bague de diaphragme contrôlant l’ouverture. Sur l’appareil photo vous pouvez la modifier en tournant une molette se trouvant en général près du déclencheur (attention certains modèles demandent à manipuler 2 boutons simultanément pour modifier l’ouverture de diaphragme).

 Ces chiffres et nombres représentent une certaine ouverture de diaphragme, et si vous faites un test (plus facile avec un objectif avec bague), vous pourrez remarquer que plus l’ouverture est grande, plus le chiffre est petit. Inversion? Oui, et de manière logique on penserait plutôt l’inverse. Cette inversion des données est universelle, elle se retrouve sur tous les objectifs toutes marques confondues. Par exemple, une ouverture F2.8 est plus grande qu’une ouverture F8. Chaque objectif possède une ouverture maximale et une ouverture minimale. Plus le diamètre des lentilles de votre objectif est large, et plus il pourra laisser passer de la lumière, donc plus son ouverture sera grande et plus son chiffre minimale sera petit. Sur l’objectif, vous pouvez voir mentionné quelque part une donnée représentée de la manière suivante: 1:1.8 (exemple avec l’image ci-dessous). Le 1: je ne sais pas du tout à quoi il correspond (il a néanmoins un sens en macro), mais le 2.8 représente (toujours) l’ouverture maximale de l’objectif. En général, une grande ouverture commence à partir de F2.8 (ou 1:2.8 sur votre objectif), donc tout ce qui est plus petit (par exemple F1.4 ou F1.8) ouvrira plus grand et laissera passer plus de lumière. C’est un avantage certain lorsque la lumière commence à manquer, car vous pourrez toujours photographier à main levée même s’il fait très sombre.

2/ Profondeur de champ

L’ouverture de diaphragme permet de contrôler la quantité de lumière (3ème fois lol) passant dans l’objectif, mais selon son ouverture, elle influe sur ce qu’on appelle la profondeur de champ. Vous savez, ces photos de portrait avec un arrière-plan très flou que vous avez sûrement vu quelque part sur le net ou dans des livres, ce flou est grandement contrôlé par l’ouverture de diaphragme. La théorie veut que plus l’ouverture est grande (plus le chiffre est petit), plus la profondeur de champ est faible (et plus l’arrière-plan est flou). Vous me suivez toujours? Voici un exemple en image.

Comparaison des différentes ouvertures de diaphragme

Plus simple de le montrer que de l’expliquer n’est-ce pas? Donc F1.4 donne des arrière-plans plus flous que F5.6. C’est donc un outil redoutable pour isoler votre sujet et diriger le regard sur l’élément que vous souhaitez. Pour la photo de portrait, vous aurez probablement tendance à ouvrir le diaphragme (petit chiffre donc petite profondeur de champ donc faible zone de netteté), pour « flouter » tout élément dans l’image éloignant l’attention du sujet principal. Et peut être qu’en photo de paysage, vous voudrez montrer le moindre détail de l’image en fermant de plusieurs crans. Pour cette raison, vous pouvez constater que l’ouverture de diaphragme ne s’utilise pas en fonction de la lumière disponible, mais surtout en fonction du résultat souhaité. Si vous photographiez une architecture d’intérieur, l’idéal serait peut être de tout montrer, donc une petite ouverture (grand chiffre donc grande profondeur, grande zone de netteté) est à privilégier. Voici quelques images comparatives d’un même sujet avec une très grande ouverture et une très petite ouverture de diaphragme.

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Profondeur de Champ F1.4 et F16

Je souligne que toutes les photos d’exemple ont été prises avec un objectif pouvant ouvrir au maximum à F1.4 et au minimum à F16, mais il n’en sera pas de même pour d’autres modèles. Si par exemple votre objectif indique 1:3.5, cela signifie qu’il peut ouvrir au maximum à F3.5, en conséquence il ne pourra pas produire de flou d’arrière-plan aussi fort qu’un objectif à ouverture F1.4. Pour l’ouverture minimale il en sera de même, certaines optiques peuvent aller jusqu’à F32 et peut être même plus. Autre point, vous pouvez voir sur le schéma ci-dessus que les zones de flou ne se trouvent pas seulement en arrière-plan mais aussi devant le sujet. On ne le voit pas dans cet exemple, mais il est évidemment possible de faire en sorte que toute l’image soit nette, l’arrière-plan n’est pas destiné à être définitivement flou, comme pourrait le suggérer le schéma 🙂

3/Ouverture constante et ouverture glissante

Il y’a 2 types d’objectifs qui se diffèrent par leur comportement (ou plutôt 3 types mais on n’en parlera pas ici): Les objectifs à ouverture constante et les objectifs à ouverture glissante.

1-Les objectifs à ouverture constante sont des zooms dont l’ouverture de diaphragme ne change pas lorsque vous zoomez ou dé-zoomez.

2-Les objectifs à ouverture glissante changent d’ouverture de diaphragme en fonction de la position de votre zoom. Sur l’exemple ci-dessous, l’image à droite indique l’info 1:3.5-5.6. Le chiffre 3.5 (ou F3.5) correspond à l’ouverture maximale de l’objectif en position grand-angle, c’est-à-dire 18mm. Puis lorsque vous zoomez pour aller jusqu’à 55mm, l’ouverture se ferme progressivement jusqu’à atteindre une ouverture maximale de 5.6 (ou F5.6). L’ouverture glissante s’applique également aux ouvertures les plus petites. A 18mm vous pouvez fermer jusqu’à F22 et à 55mm vous pouvez fermer jusqu’à F36. En général ce sont les objectifs entrée de gamme qui sont pourvus d’ouverture glissante, l’idéal bien sûr est qu’elle soit constante.

diaphragme constant et glissant

4/Autres facteurs de l’ouverture de diaphragme

Voici plusieurs éléments qu’il est important de connaître, mais que j’esquisserai seulement dans cet article et que je développerai séparément.

1/Les valeurs d’ouverture (F1.4 F2, F2.8, F4, F5.6, F8, F11 etc…) sont universelles et représentent ce qu’on appelle un « indice de luminance », ou « diaph », ou « stop ». Il y’a des valeurs intermédiaires (Par exemple entre F2 et F2.8 il y’a F2.2 et F2.5) qui existent également, celles-ci permettent un ajustement plus précis de l’ouverture. Si vous faites de la photo de studio, il faut les connaître par cœur, ces valeurs sont la base du langage de la photographie et elles permettent de communiquer avec d’autres photographes. Mais si vous ne comptez pas en faire, vous pouvez vous passer de les apprendre.

2/En photo de studio ou de flash, c’est l’ouverture de diaphragme qui contrôle son intensité, et c’est la vitesse d’obturation qui contrôle la lumière ambiante. La lumière au flash ajoute une couche de complexité, il n’y a plus 3 réglages essentiels à connaître, mais bien plus (figer le mouvement avec le flash et non la vitesse d’obturation, « tuer » la lumière du soleil en plein après-midi, flouter l’arrière-plan avec un filtre ND etc…).

3/La profondeur de champ est non seulement influencée par l’ouverture de diaphragme, mais 2 autres facteurs jouent un rôle important sur ce fameux flou: la distance entre vous, le sujet et l’arrière-plan, ainsi que la longueur focale que vous utilisez.

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