Pixels

J’ai écrit dans mon précédent article que pour acquérir un nouveau reflex numérique, il ne fallait absolument pas prendre en compte le nombre de mégapixels du capteur. Pour mieux appuyer mon propos, une explication approfondie est nécessaire. Les mégapixels ce sont le nombre de points (ou pixels) que peut capturer chaque appareil photo. Logiquement, plus il y’en a et plus les images seront grandes. On dit alors qu’elles ont une très haute résolution. Le terme résolution s’applique uniquement pour tout ce qui est numérique, à savoir nos écrans d’ordinateur, de télévision, de smartphone ou tablette. Plus la technologie avance, et plus la résolution de nos terminaux s’agrandit. Ces dernières années tous les constructeurs étaient sur la vague du full HD, à savoir des écrans de 1920 x 1080 pixels. Cette année c’est le format 4K (3840×2160 pixels) qui va petit à petit prendre la place du full HD (encore que, il y’a le format 2K entre les 2). En photographie numérique c’est un peu la même histoire, on augmente le nombre de pixels de génération en génération. L’un des 1er reflex numériques avaient une résolution de 1,3 mégapixel, alors qu’aujourd’hui on est passé jusqu’à 36. Revenons donc en 1991 avec le Kodak DCS-100. Que pouvait-on faire avec ses 1,3 mégapixels?

1,3 mégapixels = 1280×1024 pixels = 10,8x 8,6cm à 300DPI

Nos écrans modernes full HD sont donc plus définis en pixels que les 1,3 mégapixels du Kodak DCS-100. Si nous utilisons une image de cet appareil en fond d’écran, elle sera donc surdimensionnée et provoquera un effet pixelisé. Si nous convertissons cette image pour de l’impression papier, à définition native et en 300 DPI, nous obtenons une image d’environ 10,8×8,6cm. C’est donc en dessous de notre format standard 10x15cm. C’était les début de l’ère numérique, et cet appareil coûtait 13000$.

Quelque années plus tard, Nikon arrivait avec le D1 et ses 2,7 mégapixels. C’est bien plus que le modèle de Kodak, mais est-ce suffisant pour une utilisation grand public?

2,7 mégapixels = 2000×1312 pixels = 16,9×11,1cm à 300DPI

On dirait bien que 2,7 mégapixels suffit à visionner une image en plein écran Full HD et à faire de l’impression papier en 10x15cm. Il y’a même un petit peu d’excédent pour du recadrage si nécessaire (juste un petit peu). Dans un usage des plus courants, le Nikon D1 serait parfait pour la plupart d’entre nous. Maintenant voyons ce que les appareils d’aujourd’hui nous proposent.

A ce jour, j’ai visité le site digit-photo, et en cliquant sur la section appareil, je vois que le compact numérique le moins cher possède un capteur de 10 mégapixels (Easypix V1016 Swing Black). Du côté des reflex c’est le Nikon D3100 qui est à 14 mégapixels. Voyons ce que nous pouvons faire avec ces 2 capteurs:

10 mégapixels = 3648×2736 pixels = 30,9×23,1cm à 300DPI

14,2 mégapixels = 4608×3072 pixels = 39x26cm à 300DPI

Comme vous pouvez le voir, avec 10 mégapixels, nous pouvons imprimer jusqu’au format A4 (29,7x21cm) avec une qualité optimale. Et c’est bien plus qu’il n’en faut pour de l’affichage plein écran en full HD. Comme très peu de personnes impriment au delà du format A4, je dirai que 10 mégapixels suffisent à 99% d’entre nous. Maintenant pour ceux qui veulent imprimer au delà du A4, les choses changent, et nous ne suivons plus la logique utilisée jusque là. Toutes les tailles d’impression précédentes ont été données suivant une résolution d’impression à 300DPI (300 points par pouces). Jusqu’au format A4, nous pouvons tenir une impression à la main pour apprécier l’image dans son ensemble. Mais au delà, nous devons nous reculer. Et c’est à ce moment que le pouvoir séparateur de l’oeil joue un rôle sur la résolution. Plus nous éloignons l’impression de nos yeux, et moins nous arrivons à différencier les fins détails, ce qui est tout à fait normal. Du coup nous n’avons plus besoin d’imprimer nos images à 300DPI car nos yeux ne ferons aucune différence par rapport à une impression de moins bonne résolution. Prenons l’exemple du Nikon D3100 et de ses 14 mégapixels.

 14,2 mégapixels = 4608×3072 pixels = 39x26cm à 300DPI = 50,4×35,6cm à 250DPI

Si nous imprimons une image à 250DPI issue des 14,2 mégapixels du Nikon D3100, vous pouvez voir que nous pouvons aller bien au-delà du format A3 (42×29,7cm). La qualité sera aussi bonne qu’un tirage A4 à 300DPI issue du même capteur car comme nous ne regardons pas ces 2 impressions avec la même distance, nos yeux ne verrons pas la différence. Et comme nous ne sommes pas des geeks à examiner nos impressions à la loupe, nous nous fichons éperdument que l’image au format A3 ne soit pas calée à la résolution idéale de 300DPI. Franchement, qui a déjà regardé une affiche publicitaire à moins d’1 mètre?

Conclusion: Je réaffirme encore une fois que le nombre de mégapixels des appareils d’aujourd’hui n’a strictement aucune importance car le minimum que l’on trouve sur le marché est aux alentours des 10 mégapixels, ce qui est amplement suffisant pour 99% d’entre nous. Même les appareils photo de nos téléphones sont presque aussi fournis. A ce jour, le smartphone Nokia 1020 possède un capteur de 41 mégapixels. Imaginez ce que nous pouvons faire avec ce téléphone 🙂

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